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ARCHIVÉ - 3. Aperçu des enjeux touchant le golfe du Saint-Laurent

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Le présent aperçu des enjeux consiste en un survol préliminaire et très général des principales préoccupations suscitées par les activités humaines dans la région du golfe du Saint-Laurent, selon les connaissances actuelles. Le but visé est de susciter la discussion, de cerner les renseignements manquants et d’orienter les recherches futures et l’élaboration de politiques. Il n’est sans doute pas exagéré de dire que les interactions traitées dans la présente partie ne représentent que la « pointe de l’iceberg » en ce qui concerne les répercussions de l’activité humaine sur le Golfe.

Nous allons examiner cinq grandes activités, soit l’exploration pétrolière et gazière, la pêche commerciale, le transport maritime, l’aquaculture et les activités terrestres (production de pâtes et papiers, transformation du poisson et rejet d’eaux usées).

3.1. Principales activités humaines, stresseurs et sources d’inquiétude – Résumé

Tableau 5 – Résumé des principales activités humaines, des principaux stresseurs et des principales sources d’inquiétude
ActivitésPrincipaux stresseursPrincipales sources d'inquiétude
Pêche commerciale :

  • La pêche est assujettie à de nombreux règlements (type d’engins, espèces ou groupes d’espèces);
  • Il faudra des recherches plus poussées pour déterminer l’impact de la pêche sur l’habitat et l’écosystème.
  • Perte de biomasse (déséquilibre de la structure du réseau trophique);
  • Endommagement ou destruction de l’habitat par les engins de pêche;
  • Récolte d’espèces proies qui servent de base à la chaîne alimentaire (c.-à-d. pêche du krill ou du capelan);
  • Pêche fantôme par des engins perdus ou endommagés;
  • Introduction ou transfert d’espèces envahissantes.
  • Intégrité de l’environnement et biodiversité;
  • Durabilité des pêches;
  • Conflits entre types d’engins et groupes d’utilisateurs;
  • Gestion par espèce;
  • Blessures accidentelles aux espèces en péril;
  • Utilisation de produits antisalissures (sur des navires, etc.).
Exploration pétrolière et gazière (relevés sismiques et forage exploratoire à l’appui de l’industrie du pétrole et du gaz) :

  • L’industrie en est encore au stade exploratoire, mais on peut s’attendre à ce que les activités s’intensifient sensiblement;
  • Les recherches sont stimulées par la création du Centre de recherche environnementale sur le pétrole et le gaz extracôtiers (CREPGE).
Relevés sismiques
  • Bruit créé par l’utilisation fréquente et prolongée de canons à air;
  • Déversements accidentels d’hydrocarbures;
  • Collisions avec des navires (mammifères marins et reptiles);
  • Introduction d’espèces envahissantes par le changement d’eau de l’est (les navires).
Forage exploratoire
  • Débris et équipement laissés au fond de l’eau;
  • Déversements accidentels d’hydrocarbures;
  • Déblais/boue de forage;
  • Pollution par le bruit et la lumière;
  • Introduction d’espèces envahissantes (plateformes et navires de ravitaillement).
  • De nombreux impacts connus sur les mammifères marins et les poissons, à l’état d’oeufs, de larves, de juvéniles et d’adultes;
  • Conflits entre l’industrie pétrolière et d’autres utilisateurs;
  • Esthétique des paysages terrestres et marins;
  • Effets négatifs sur l’écotourisme – c.-à-d. changement des profils migratoires des baleines ou comportement d’évitement qui pourrait nuire aux excursions d’observation des baleines; installations de forage inesthétiques;
  • Plages souillées et mortalité d’animaux;
  • Impacts sur la pêche commerciale et les exploitations aquacoles (équipement encrassé par des salissures, perte de lieux de pêche ou d’exploitation, contamination grave mais non mortelle de certaines espèces).
Transport maritime :

  • Les principales voies maritimes traversent des eaux profondes qui dissipent les sons et assimilent les impacts;
  • Il faut des installations terrestres capables d’absorber les déchets (eaux usées, hydrocarbures dans l’eau de cale);
  • Le Canada doit calquer ses normes sur celles qui sont en vigueur à l’étranger.
  • Introduction et dissémination involontaires d’espèces envahissantes par le changement d’eau de lest et l’incrustation de salissures sur la coque;
  • Rejet et déversement d’eaux usées, d’hydrocarbures et d’autres contaminants;
  • Utilisation d’agents antisalissures.
  • Eau de lest – principale cause de l’introduction d’espèces envahissantes ainsi que de la propagation de maladies et de parasites tels que la maladie MSX;
  • Déplacement des espèces envahissantes déjà introduites par incrustation sur la coque de petits bateaux ou sur de l’équipement utilisé pour la pêche, l’aquaculture, le dragage, la navigation de plaisance, etc.;
  • Absence de lois suffisamment sévères pour contrôler adéquatement le rejet en mer des eaux usées et absence d’installations de vidange le long des côtes du golfe;
  • Hydrocarbures rejetés en mer par les navires.
Aquaculture :

  • L’industrie aquacole repose presque exclusivement sur l’élevage des mollusques;
  • L’élevage des mollusques se pratique entièrement sur les côtes;
  • Des problèmes ont déjà été détectés ailleurs par suite d’une trop forte concentration d’exploitations aquacoles; il faut connaître les limites écologiques durables;
  • L’industrie subit les répercussions de piètres pratiques d’aménagement du territoire et influe à son tour sur la navigation de plaisance.
  • Introduction et propagation d’espèces envahissantes, de maladies et de parasites;
  • Modification de l’habitat (sédimentation, charge excessive de nutriments);
  • Perturbation des communautés benthiques;
  • Impacts sur la capacité de charge pour d’autres espèces.
  • Dissémination d’espèces non indigènes (c.-à-d. des espèces envahissantes telles que le crabe vert, le codium fragile et l’ascidie plissée), de maladies (ex. : la maladie MSX) et de parasites;
  • Conflits avec l’industrie de la pêche commerciale;
  • Conflits avec d’autres utilisateurs (navigation de plaisance, exploitants touristiques, propriétaires de maisons ou de chalets);
  • Multiplicité des administrations qui participent au processus d’approbation des demandes en aquaculture;
  • Déchets – les impacts dépendent du type d’exploitation, de son envergure et du rythme de renouvellement de l’eau;
  • Présence de matières fécales et de mollusques détachés qui accroissent les quantités de matières organiques dans les stations aquacoles. Risque d’asphyxie de l’habitat benthique et des espèces qui en dépendent;
  • Accroissement du volume de matières organiques déposées au fond de l’eau et risque de colonisation par les macroalgues vertes.
Activités terrestres :

  • Développement de la zone côtière
  • Les activités terrestres sont le principal agresseur des zones côtières du Golfe;
  • En appliquant les pratiques de gestion exemplaires et les mesures de contrôle réglementaires actuelles, il serait plus facile de prévenir d’autres dommages. Les processus naturels pourraient alors assainir la plupart des sites qui posent problème.
  • Perte d’habitats, de marais, d’estuaires, etc.;
  • Accroissement de la charge de nutriments et prolifération d’algues;
  • Réduction des niveaux d’oxygène par suite de la décomposition de déchets organiques et de la prolifération des végétaux;
  • Accroissement du volume de sédiments et de la turbidité dans la zone littorale;
  • Libération d’agents pathogènes dans la zone littorale;
  • Libération de contaminants;
  • Changement de la température des eaux réceptrices du littoral;
  • Modification de l’apport d’eau douce dans les eaux réceptrices.
  • Réduction ou modification de la qualité et de la stabilité de l’écosystème (ex. : contaminants, nutriments, bactéries, influence de l’eau douce, température);
  • Limitation des activités humaines (commerciales et récréatives) dans l’écosystème;
  • Incidences sur la santé (humains et biote);
  • Pressions écologiques sur le développement économique;
  • Multiplication des sources de contaminants dans l’estuaire et dans le Golfe –Grands Lacs, municipalités et entreprises locales, agriculture, transport maritime et systèmes météorologiques en provenance de l’ouest;
  • Déchets urbains – importante source de molécules organiques (ex. : médicaments, oestrogènes et hormones, qui peuvent nuire aux cycles biologiques). Bactéries, dont le comportement en milieu marin est inconnu;
  • Nouvelles molécules utilisées à des fins industrielles et domestiques, comme des ignifugeants ou des composés imitateurs aujourd’hui interdits (ex. : BPC);
  • Lessivage des terres agricoles – source de matières organiques, de nitrate, de phosphate, de pesticides et d’herbicides.
Changements climatiques :

Ce problème naissant risque d’avoir des impacts considérables dans les années à venir.
  • Changement des propriétés de l’océan (courants, salinité, température, etc.);
  • Érosion côtière;
  • Effets sur les habitats côtiers;
  • Submersion des zones et de l’infrastructure côtières;
  • Modification de la répartition, de la composition, des structures démographiques et des habitats des espèces.
  • Phénomène mondial – conséquences et préoccupations évidentes pour le Golfe;
  • Sentiment généralisé que cet enjeu dépasse le contrôle de gestion.

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