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ARCHIVÉ - Environnement biologique

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ESPÈCES RÉCOLTÉES

Il ne fait aucun doute que la principale préoccupation du public en ce qui a trait à l’état de l’écosystème du détroit de Northumberland touche le déclin des pêches commerciales virtuellement dans l’ensemble des espèces (homard, pétoncle et hareng surtout). Les fiches d’information, le rapport Scarratt, le rapport des consultations de GTA et le REEE d’AMEC abondent tous dans ce sens et ne laissent aucun doute. On constate des déclins dans l’abondance des principaux stocks exploités, dans la statistique des débarquements et le rendement économique pour les pêcheurs. Dans la région centrale du Détroit, les déclins sont généralement plus accusés que dans l’est et dans l’ouest. Ainsi, GTA (2006, p. 8) donne des preuves que les débarquements de homards dans la région centrale du Détroit ont fléchi de 61 p. 100 entre 1990 et 2004, tandis que les déclins dans les régions est et ouest du Détroit étaient de 50 p. 100 et de 46 p. 100 respectivement. La baisse des débarquements de pétoncles dans les années 1990 est encore plus accusée. Selon AMEC (2006, p. 4 à 11), les débarquements ont fléchi de 56 p. 100 et de 88 p. 100 dans les deux districts statistiques du Détroit et ce, en moins de dix ans.

Les scientifiques ont communiqué au Groupe de travail des hypothèses bien étayées concernant ces tendances. Dans le cas du homard, on peut trouver une explication partielle d’après la chronologie de mesure des changements. Pour des motifs non entièrement élucidés, des sommets de production et de débarquements bien supérieurs aux normes historiques ont été constatés à la fin des années 1980 et au début des années 1990 et le déclin subséquent s’inscrit dans la tendance plus globale pour l’ensemble de la gamme des espèces. Toutefois, le Groupe de travail a comparé les débarquements actuels aux débarquements de ces années-là, pour conclure que la région centrale du détroit de Northumberland affiche un déclin beaucoup plus accusé que les autres secteurs. Il faut également établir une distinction en ce qui a trait à la tendance au déclin dans les débarquements de pétoncles. Contrairement aux pêcheries de homard, qui ont été l’une des bases de l’économie locale pendant près d’un siècle, les pêcheries de pétoncle n’ont commencé à être exploitées intensivement qu’au milieu des années 1960. Comme il en est de nombreuses pêcheries nouvellement mises en valeur, on a commencé à exploiter les stocks de plus en plus intensément et, très probablement, à les surexploiter lorsqu’on a découvert de nouveaux stocks secondaires localisés (fonds de pétoncles).

Il faut également relever que, d’après les tendances récentes, la récolte de gaspareau indique un déclin marqué des stocks dans la partie centrale du Détroit. Les changements concernant d’autres espèces commerciales moins importantes ne sont pas aussi marqués, non plus qu’aussi évidents que ce n’est le cas pour le homard et le pétoncle. Toutefois, lors des consultations publiques, les cas antérieurs d’écroulement des stocks, par exemple la merluche blanche, l’aiglefin, la raie et le flétan (voir aussi AMECA 2006, pages 4 à 6), et les préoccupations concernant d’autres espèces pour lesquelles on ne possède que peu de données scientifiques, par exemple la plie rouge, l’éperlan, la capucette, l’huître, la mye, et la mousse d’Irlande, étaient au premier plan des préoccupations des pêcheurs et des autres membres des collectivités côtières.

Le Groupe de travail croit que la situation est plus complexe que ne peuvent l’expliquer la surpêche ou les modèles classiques de gestion des stocks. D’après certains membres, il doit exister un lien entre ces déclins systématiques et les changements observés dans l’environnement lui-même. Scarratt (2005) reconnaît qu’il existe certains autres facteurs en jeu dans le Détroit : «… depuis une douzaine d’années environ, ils (les débarquements de homard) ont accusé un recul et ils diminuent plus rapidement que dans le reste de la partie sud du Golfe… Il conviendrait d’étudier les raisons pour lesquelles le détroit de Northumberland est devenu bien moins propice à la production de homards. »

AUTRES ESPÈCES AQUATIQUES D’IMPORTANCE ÉCOLOGIQUE

Le Groupe de travail est conscient que, pour l’étude de l’environnement biologique du détroit de Northumberland, il est nécessaire de tenir compte à la fois des espèces commerciales et non commerciales. Ces espèces importantes pour l’écosystème, mais sans valeur économique évidente immédiate, ont été négligées dans les études scientifiques antérieures. Fort heureusement, ces dernières années, cet oubli a commencé à être corrigé grâce à une série de levés annuels du MPO identifiant et quantifiant tous les éléments du biote.

Le Groupe de travail estime nécessaire d’insister particulièrement sur l’importance des espèces aquatiques non commerciales qui pourraient être des espèces clés dont dépend l’écosystème pour sa stabilité et dont dépendent les espèces commerciales pour se nourrir.

Le Groupe de travail estime qu’AMEC, dans son REEE, dresse une évaluation complète de la situation de ces espèces, tout en les positionnant dans le contexte des rôles qu’elles jouent dans l’écosystème. Ces éléments du biote sont examinés dans le cadre des groupes taxonomiques traditionnels : plancton (phytoplancton et zooplancton), benthos (endofaune et épifaune), macrophytes (plantes marines), macro-invertébrés (mollusques et homard), poissons (poissons pélagiques, poissons de fond et migrateurs, y compris les anadromes), reptiles, mammifères marins et oiseaux marins. Par ailleurs, le Groupe de travail examine également les groupes ayant une importance spéciale : espèces menacées et espèces envahissantes.

AUTRES PRÉOCCUPATIONS DANS L’ENVIRONNEMENT BIOLOGIQUE

Les phénomènes que le Groupe de travail doit relever et qui ajoutent aux préoccupations exprimées par le public sont la fréquence accrue et l’aire géographique des floraisonsd’algues toxiques12, les cas nouveaux et plus répandus d’espèces envahissantes13 et une abondance accrue de phoques et autres prédateurs (p. ex., tanche-tautogue, cormorans), bien que, dans ce dernier cas, les observations soient anecdotiques et viennent surtout d’observations formulées dans les consultations publiques.

Le Groupe de travail rappelle qu’il existe un chevauchement entre l’environnement chimique et l’environnement biologique sous nombre d’aspects particulièrement préoccupants. Signalons tout d’abord le remplacement de plus en plus accusé d’espèces bénéfiques par des espèces « nuisibles » (p. ex., l’ulve étouffant l’herbe à bernaches), ainsi que l’incidence accrue de mortalité massive du poisson et de périodes d’anoxie dans les rivières, les estuaires et les baies. Souvent, il s’agit là du résultat d’un sur-enrichissement en matières nutritives et d’une eutrophisation14. De plus, le Groupe de travail a signalé que le nombre, la durée et l’étendue géographique des fermetures de parcs à crustacés n’ont cessé d’augmenter dans le détroit de Northumberland tout comme dans l’ensemble du Canada atlantique15.


12 Sommaire des cas de prolifération d’algues nuisibles dans le détroit de Northumberland; MPO, fiche d’information no 2, Steven Bates

13 Espèces envahissantes dans le détroit de Northumberland; MPO, fiche d’information no 3, Andrea Locke

14 Changements subis par la zostère (Zostera marina) dans les estuaires du sud du golfe du Saint-Laurent, MPO, fiche d’information no 12, Andrea Locke

15 Scarratt, ibid.

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